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06 septembre 2017

Silas Corey, le réseau Aquila & le testament Zarkoff [Fabien Nury & Pierre Alary]

Je continue ma découverte des œuvres de Fabien Nury, après Atar Gull, et j'arrive maintenant à sa collaboration avec Pierre Alary, dessinateur français de cette saga en 4 tomes Silas Corey.

L'histoire : Détective. Espion. Tueur. Héros ou escroc, ça dépend de l'employeur...

Mon avis : 1917, la guerre s’enlise dans les tranchées. Le détective Silas Corey, aidé de son acolyte Nam, va être appelé à devenir agent triple au service du « Tigre » Clémenceau, du président du Conseil Caillaux (pour le bien du scénario, car c’est historiquement faux) et d’un groupe d’armement. Sa loyauté ira-t-elle à celui qui paiera le plus ? Certes, c’est un ancien soldat mais il est culotté, roublard, et arrogant, un brin dandy aussi. Il a donc un potentiel d’humour que les auteurs savent exploiter. Le profit personnel n’est pas laissé de côté, car quitte à risquer sa vie, autant que ça lui rapporte au passage. On devine aussi par bribes que son passé a connu des heures graves, laissant planer le mystère sur celui qui saura se l’allier. Il aurait été facile de perdre le lecteur en faisant jouer au personnage principal un rôle d’agent triple. Les auteurs évitent cet écueil.

Construit comme Largo Winch sur le principe d’un diptyque, chaque histoire s’étale donc sur deux albums (à la parution parfois assez éloignée mais les empruntant seulement maintenant à la bibliothèque, j’ai eu la chance de m’épargner la frustration d’attendre la sortie d’un deuxième volume). Cependant, il faut bien deux tomes pour mener à bien les récits, qui ne souffrent d’aucun temps mort ou baisse de régime. Le cadre historique choisi est parfait pour mettre en jeu des antagonismes à hauts enjeux. J’ai découvert le Deuxième bureau, service de renseignement de l’armée française avec le premier duo, puis la montée du nazisme en Allemagne, acceptée comme contre-pouvoir au communisme qui met fin à la guerre sur le front est. C’est suffisamment documenté pour être passionnant sans être indigeste pour autant ou trop mettre de côté l’aspect divertissant.
Silas Corey, le réseau Aquila tome 1 de Nury et Alary - page 10
Le dessin élégant d’Alary apporte le rythme nécessaire à ces histoires d’espionnage, faisant des plans serrés sur une main ou un regard avant de dévoiler dans un plan plus large l’ensemble de la scène aux yeux du lecteur. Pour autant, la narration n’en souffre pas, tout est très compréhensible.Les couleurs de Bruno Garcia font la part belle aux ambiances sombres, accentuant le mystère.

Vieilles ficelles n’est pas toujours synonymes de mauvais résultats, comme nous le démontrent Alary et Nury ici même. Ce qu’ils nous proposent avec Silas Corey est classique mais terriblement efficace et agréable. Je suis preneuse d’un troisième diptyque !

Silas Corey : le réseau Aquila tomes 1 & 2, le testament Zarkoff tomes 1 & 2, de Fabien Nury et Pierre Alary
Glénat
Janvier 2013

1 commentaires :

Alex Mot-à-Mots a dit…

Le genre de BD qui n'est pas ma tasse de thé. Tant pis.