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28 septembre 2016

Parc zoologique de Paris



Plus communément appelé le Zoo de Vincennes, le Parc Zoologique de Paris, site du Muséum national d'Histoire naturelle, a fait peau neuve en 2014, après plus de deux ans et demi de travaux et une longue période de fermeture. Je n'étais jamais allée voir ce zoo avant, alors je ne pourrais pas vous faire une comparaison avant/après, mais juste vous donner mon ressenti.

Plan du zoo (clic pour voir en plus grand)
Les animaux sont présentés selon 5 biozones : Patagonie, Sahel-Soudan, Europe, Guyane et Madagascar, dans lesquelles le visiteur passe en arpentant un chemin plat, très agréable, parfois joli arboré et agrémenté régulièrement de panneaux explicatifs, quand on ne croise pas un animateur lors d'une séance de nourrissage. J'ai particulièrement apprécié le cartouche permettant de connaitre le niveau de menace qui pèse sur chaque espèce. Par contre, le passage d'une biozone à une autre pourrait être plus marqué pour qu'on en prenne plus conscience : sous un soleil de plomb en plein mois d'été, je n'ai personnellement guère fait la différence.

Néanmoins, les animaux sont beaux et nous en sommes ressortis avec quelques jolies photos que je vous mets ici (clic pour voir en plus grand). N'étant pas une spécialiste des animaux, j'espère ne pas m'être trompée en tentant de les reconnaître après coup.

Ara Hyacinthe

Autruche

Babouin

Caméléon panthère

Capybara


Girafes

Grand Koudou

Iguane vert

Jaguar

Lion

Lionnes

Lynx d'Europe

Manchot de Humbold

Marabout d'Afrique

Oiseau inconnu

Oiseau inconnu bis

Oryx

Rhinocéros

Singe

Vautour fauve

Vigogne

Zèbres

Le slogan promettant "une nouvelle espèce de zoo" me semble un peu exagéré. Je n'ai pas bien compris ce qui était révolutionnaire ici. Il n'en reste pas moins que c'est un zoo très agréable, à Paris même, où il fait bon déambuler.


Informations utiles :

Ouvert tous les jours, 
de mi-octobre à mi-mars de 10h à 17h,
de mi-mars à mi-octobre de 10h à 18h en semaine et de 09h30 à 19h30 les weekends, jours fériés et vacances scolaires

Parc zoologique de Paris
Croisement de l'avenue Daumesnil et de la route de la Ceinture du Lac, 75012 Paris

Tel : 08.11.22.41.22

Tarif : de 11 à 22€

Site du zoo ici

26 septembre 2016

Code 93 [Olivier Norek]

Après avoir découvert la plume d'Olivier Norek dans Surtensions, c'est-à-dire le dernier tome des aventures du capitaine Coste, j'ai profité du salon Saint Maur en poche pour récupérer les deux premiers opus et les faire dédicacer. J'ai pu échanger quelques mots avec l'auteur, très charmant, qui m'a donné envie de me plonger rapidement dans ces premières aventures.

L'histoire : Un cadavre, émasculé, qui rouvre les yeux sur la table d'autopsie. Un portable qui se met à sonner dans le corps d'un jeune toxico, mort de brûlures inexplicables. Malgré quinze ans de terrain en Seine-Saint-Denis, Victor Coste, capitaine de police, se prépare au pire.

Et que penser de ces lettres anonymes qui dessinent une première piste : celle d'un mystérieux dossier, le " Code 93" ?

Une piste qui, des cercles huppés parisiens aux quartiers déshérités, fera franchir à Coste les limites du périphérique, et de la raison...

Mon avis : C'est avec beaucoup de plaisir que j'ai retrouvé l'équipe du capitaine Coste pour cette première aventure à les mettre en scène. Nous sommes sur un territoire que je connais assez, vivant pas très loin de ce département, mais dont on imagine pourtant assez mal le quotidien des flics qui déambulent dans ses rues. Et pourtant, l'auteur ne tombe pas dans le piège de personnages caricaturaux : les flics ne sont pas dépressifs (ce qui ne les empêchent pas de douter), ni alcooliques, ni drogués. Juste des individualités qui font corps dans une équipe et cherchent, avec leurs moyens, à rendre un peu de justice. Autour d'eux, la machine judiciaire montre aussi ses failles et les pourris ne sont pas toujours du côté qu'on imagine.

L'histoire est efficace, le suspense habilement mené pour tenir en haleine le lecteur. Elle commence avec une simple enquête sur deux meurtres bizarrement mis en scène qui vont révéler une manipulation d'État. J'ai aussi retrouvé cette authenticité qui rend le roman si addictif : rien de grandiloquent, pas de grosses courses poursuites ou d'action dans tous les sens. Juste des questions pour tenter d'y voir plus clair. Avec Coste, on prend les choses comme elles viennent, une par une, et on essaie d'en tirer le meilleur comme on peut. C'est peut être un poil moins audacieux que le troisième opus, mais c'est tout à fait pardonnable pour un premier tome.

Ça donne un très bon roman policier, que je conseille ! De mon côté, j'ai déjà le deuxième sur mes étagères.

Code 93, d'Olivier Norek
Pocket
Mai 2016

23 septembre 2016

Miss pas touche [Hubert & Kerascoët]

Les auteurs : Hubert, de son vrai nom Hubert Boulard, né en 1971 dans le Finistère, est coloriste et scénariste de bandes dessinées. Il se fait notamment connaître largement grâce à cette série en 4 tomes, Miss pas touche, avec le duo Kerascoët au dessin.

L'histoire : Paris, années 30. Deux sœurs, Agathe et Blanche, profitent pleinement de la vie. Une insouciance qui bascule du jour au lendemain après le drame qui entraîne la mort d'Agathe. Désemparée, Blanche n'a plus qu'une idée en tête : retrouver le meurtrier de sa sœur, quitte à fréquenter les lieux les plus improbables !

Mon avis : Comme vous le montre les photos de ce billet, j'ai lu ces 4 tomes en trois fois, après trois emprunts à la bibliothèque municipale.

Le premier album a été un vrai plaisir. Le dessin des Karascoët est dynamique et vif, collant à merveille au caractère de Blanche, jeune femme de chambre qui, pour venger sa sœur, décide de se faire embaucher dans un bordel. Innocente, elle réussit à trouver la seule place lui permettant de ne pas trop s'exposer : elle sera Miss Pas Touche. Entre le deuil de sa soeur, la découverte du monde de la prostitution, et son enquête pour découvrir le meurtrier d'Agathe, Blanche a fort à faire. Innocence, naïveté, étonnement... notre héroïne passe par beaucoup de sentiment.

C'est avec envie que je me suis précipitée sur les tomes 2 et 3. Si j'ai été tout aussi ravie du tome 2, j'ai bien senti qu'à la fin, c'est un cycle qui se finissait. L'histoire pourrait se terminer ici. Pourquoi avoir fait une suite ? Le tome 3 reste cependant bien fichu et on se demande ce que cache Antoine, le prétendant de Blanche, qui lui fait espérer une autre vie.
Planche Miss pas touche tome 3, page 9

J'ai été assez déçue par le quatrième et dernier tome. Le sujet est plus grave et très intéressant mais s'inscrit assez mal dans le fil des tomes précédents, tous centrés sur la maison close et ses pensionnaires. On perd le côté festif et décalé des premiers tomes, les couleurs chaudes et le dessin énergique qui donnent tant de peps. L'univers perd énormément de charme. Et la fin n'est pas claire : on quitte Blanche sans savoir si elle rêve, ce qu'elle deviendra, si elle s'en sortira. La découverte des préjugés qui sont les siens, alors que le lecteur moderne pouvait jusque là parfaitement s'identifier à elle, fini de briser l'intérêt.

Un premier cycle que je recommande donc chaudement, et un second plus dispensable, surtout vu le dernier tome.

Miss pas touche, tomes 1 à 4, de Hubert et Kerascoët
Dargaud
Mai 2006, Mars 2007, Septembre 2008 et Août 2009

21 septembre 2016

Dernier train pour Busan, de Sang-Ho Yeon

Film sud-coréen de Sang-Ho Yeon, sorti le 17 août 2016, avec Gong Yoo, Kim Soo-Ahn et Yu-mi Jeong.

L'histoire : Un virus inconnu se répand en Corée du Sud, l'état d'urgence est décrété. Les passagers du train KTX se livrent à une lutte sans merci afin de survivre jusqu'à Busan, l'unique ville où ils seront en sécurité...

Mon avis : Première chose qui surprend dans ce film coréen, c'est la sonorité de la langue. À force de voir des films japonais en VOST, on finit, à défaut de comprendre, par reconnaitre la sonorité de la langue, sa musicalité. Ici, quelques éléments semblent correspondre, comme les intonations, mais on n'est clairement perturbé par les distinctions. Mais trêve d'anecdote... passons au film lui-même.

Il s'agit ici autant d'une comédie que d'un film d'horreur. Un film de zombies ne peut pas vraiment se prendre au sérieux, au risque de tomber dans le too much et le grotesque. Ici, les zombies sud-coréens sont rapides, très rapides, ce qui provoque l'amusement plus d'une fois d'ailleurs. Ils sont le contraire de leurs homologues américains qui se trainent bras en avant avec le QI d'une mouche. Et quand l'un d'eux se retrouve embarqué dans l'équivalent de notre TGV, ça fait forcément des dégâts. Les voyageurs sauront-ils s'unir pour faire face à la menace qui cavale les yeux vitreux pour les dévorer ?

Nos zombies, en route pour Busan, sont prétexte à une bonne critique de la société ultra-productiviste asiatique qui nie l'individu. Du coup, quand les membres de cette société sont confrontés à une situation inédite et où les codes ne sont pas écrits, les individualités se révèlent, parfois pour le pire d'autre fois pour le meilleur. Ce qui fait que le scénario n'est pas tendre avec les différents personnages. Et il n'y a pas beaucoup d'espoir à la fin. Mais les personnages sont habilement dessinés et se complètent bien, le vrai héros n'étant pas toujours celui qu'on suivra le plus. Et bien sûr, la solution passe forcément par une solidarité. C'est classique, me direz-vous, mais c'est ici assez dépaysant et bien fichu pour fonctionner à plein. Même si, bien évidemment, on ne comprend pas forcément toutes les références sociétales.

L'exploitation du train dans toutes sa longueur et ses spécificités fait forcément penser à un Transperceneige compatriote. L'angoisse monte au fur et à mesure que la petite troupe progresse de wagon en wagon, sans aucun répit.

Pas d'une originalité folle donc, mais un film tout à fait honorable : intelligent, drôle et effrayant.  À voir.

19 septembre 2016

Dans les prairies étoilées [Marie-Sabine Roger]

Presque deux ans depuis ma dernière lecture de Marie-Sabine Roger ! Voici qui m'a semblé bien long, surtout quand au détour d'une visite sur le blog de Clara j'ai été surprise de découvrir cette nouvelle parution que je n'attendais pas !

L'histoire : Prune et Merlin ont quitté la vie citadine pour une vieille ferme pleine de promesses et de travaux à faire, perdue dans la campagne. Auteur de bandes dessinées et aquarelliste animalier, Merlin pense accéder enfin au bonheur absolu. Mais la vie ouvre soudain un de ses chapitres sombres : son meilleur pote meurt, celui qui lui a inspiré son héros préféré et lui a apporté la gloire... Que va devenir l'univers de Merlin ?

Mon avis : Cette fois, c'est une plongée dans le monde de l'artiste et de son rapport à ses personnages et à ses lecteurs que Marie-Sabine Roger nous propose. Et encore une fois, elle fait ici merveille avec son art de la formule qui la caractérise si bien.

Sa trouvaille dans ce roman, c'est de mêler allègrement le quotidien du travail de Merlin avec des dialogues fictifs qu'il entretient avec ses personnages, qui l'invectivent et auxquels il répond. Un vrai dialogue intérieur mis en lumière et qui apporte beaucoup de féérie. Tout en abordant la difficulté de la création et les questions qui peuvent ronger le créateur, Merlin le bien nommé, lorsqu'il se retrouve seul devant sa page blanche. Il doit construire une nouvelle aventure respectant les personnages et emportant l'adhésion de son lecteur. Que de contraintes ! Qui a dit que l'auteur était libre ?

On retrouve aussi, comme toujours, une vraie tendresse pour les personnages qui, malgré des situations parfois graves, s'en tirent toujours avec la pointe d'humour qu'il faut pour rendre la vie belle. J'ai eu un vrai coup de cœur pour l'Oncle Albert et sa relation avec Tante Foune. Encore un livre qui fait le bonheur de son lecteur, avec une recette qui semble toute simple mais qui tient sûrement du miracle.

"L'ami qui part, ou l'amant, ou l'enfant, c'est toute une saison de la vie qui s'achève, et jamais plus ne reviendra. Il nous faut accepter ces puits creusés à vif dans la chair des mémoires, nous asseoir sur le bord un instant et pleurer, puis repartir, laissant derrière nous des paysages effacés à jamais et qui ne vivront plus que dans nos souvenirs.
Nous poursuivons ainsi nos existences entre vides et manques, jetant des ponts fragiles entre tous nos abîmes, avançant à l'aveugle vers les jours à venir." (p°50)

Dans les prairies étoilées, de Marie-Sabine Roger
Éditions du Rouergue
Mai 2016

29 août 2016

Petite pause

À l'heure où tout le monde à fait sa rentrée, de mon côté, je fais mes valises. Pour moi, les vacances ont sonné. Enfin ! Je mets donc ce blog en pause et on se retrouve mi-septembre pour tout plein de nouveaux billets !


26 août 2016

L'adoption, tome 1 : Qinaya [Zidrou et Arno Monin]

Les auteurs : Après le gros coup de cœur qu'a été Lydie, je me suis davantage penchée sur les réalisations de Zidrou. On le retrouve ici au scénario, en association avec Arno Monin pour les dessins.

L'histoire : Lorsque Qinaya, une orpheline péruvienne de 4 ans, est adoptée par une famille française, c’est la vie de tous qui est chamboulée. Mais pour Gabriel, ce sera encore plus compliqué : il lui faudra apprendre à devenir grand-père, lui qui n’a jamais pris le temps d’être père. Des premiers contacts un rien distants aux moments partagés, Gabriel et Qinaya vont peu à peu nouer des liens que même le vieux bourru était loin d’imaginer.

Mon avis : Comme je m'y attendais, c'est un nouvel album très touchant que nous livre ici Zidrou et Monin. La première chose qui frappe, c'est le trait et les couleurs : les teintes sont douces et riches, le dessin tout en rondeur servent merveilleusement le propos de l'apprivoisement.

Car pour une fois, c'est le point de vue du grand-père sur l'adoption qu'on nous propose. Qinaya est assez en retrait, ne parlant pratiquement pas, mais tout passe par ses grands yeux et son visage très expressif. Les silences et les regards sont riches en échange avec papy Gabriel, ce vieux bourru qui, assez rétif à accueillir cette étrangère dans la cellule familiale, va se laisser totalement conquérir par les charmes de l'enfant. À la fois réflexion sur l'adoption donc, mais aussi sur la vie du troisième âge, les liens entre les générations et l'acceptation de la différence, cet album finit sur un retournement qui nous laisse pantois et en attente du deuxième volet de ce diptyque. Vite, vite !

Planche de L'adoption, tome 1 : Qinaya, de Zidrou et Monin (clic pour voir en plus grand)


L'histoire est touchante, forcément vu le sujet abordé, mais Zidrou arrive aussi à faire preuve de beaucoup d'humour, sans éviter pour autant de dénoncer sévèrement quelques idées préconçues. La bande des Gégés fait forcément penser aux Vieux fourneaux de Lupano et Cauuet. Les personnages, après un premier abord caricatural, sont beaucoup plus complexes qu'il n'y paraît. Loin de la perfection, ils se construisent petit à petit, gagnent en profondeur, imparfaits donc très réalistes. Une tendresse entre chacun se dessine de case en case et emporte totalement le lecteur dans la magie de cet album.

Une vraie réussite.
L'adoption, tome 1 : Qianaya, de Zidrou et Arno Monin
Éditions Grand Angle
Mai 2016

24 août 2016

La tortue rouge, de Michael Dudok de Wit

Film d'animation franco-belgo-japonais de Michael Dudok de Wit, sorti le 29 juin 2016.

L'histoire : À travers l’histoire d’un naufragé sur une île déserte tropicale peuplée de tortues, de crabes et d’oiseaux, La Tortue rouge raconte les grandes étapes de la vie d’un être humain.

Mon avis : De ce film, je ne savais quasiment rien, si ce n'est que le bouche à oreille le décrivait comme une vraie merveille. Et il faut dire que c'en est une !

Pour un premier long métrage, Michael Dudok de Wit a frappé très fort. Je ne connais rien de son travail préalable en format court, mais les studios Ghibli avaient été fascinés puisque ce sont eux qui sont allés le chercher pour lui donner carte blanche dans la réalisation de ce chef d’œuvre. Oui, j'ose le mot.

La tortue rouge est un petit bijou de poésie, d'ode à la nature, aussi bien animale qu'humaine, dans ses forces et dans ses faiblesses. Avec délicatesse, le réalisateur trace le portrait d'un homme échoué qui va apprendre à vivre en passant par toutes les étapes pour se reconstruire : colère, renoncement, acceptation de soi et de l'autre... Le tout sans qu'un seul mot soit prononcé. Le rapport de l'homme à la nature, à l'amour, à la vie tout simplement est merveilleusement décrit, par la simple force du dessin et de l'animation. Car sous une apparente simplicité, c'est d'une richesse incroyable. C'est beau et ça émeut terriblement. J'en suis ressortie bouleversée, peut être sans trop savoir pourquoi, juste par la magie de la réalisation.

J'en dis volontairement peu, car il serait bien dommage de gâcher la surprise. Mais foncez le voir, sans vous poser de question, installez vous et laissez vous porter. L'alliance entre les talents européens et les studios Ghibli a accouché d'une merveille.